19/07/2026
« Avant que le Nil ne porte la mémoire dans ses eaux sombres… avant que la Pierre ne se souvienne de la Géométrie… il y eut un moment que les Anciens appelaient Zep Tepi — « La Première Fois ».
Ce n’était pas simplement un commencement au sens chronologique. C’était l’émergence de l’Ordre issu du flot silencieux du Potentiel. Dans l’immensité qui précédait toute forme, il n’y avait que la mer infinie et illimitée connue sous le nom de Noun — non pas l’eau telle que nous la connaissons, mais une possibilité indifférenciée. Aucun ciel ne s’archettait. Aucune terre ne reposait. Aucun soleil ne brûlait. Il y avait une profondeur sans direction.
Puis, au cœur de cette immobilité infinie, un léger remous.
Un monticule émergea — le Benben —, première stabilité surgissant de l’abîme. Ce n’était pas simplement de la terre ; c’était une orientation. C’était l’Axe sur lequel la conscience pouvait s’ancrer. Sur ce point lumineux d’émergence apparut Atoum, Auto-Engendré, conscient de lui-même, rayonnant du paradoxe d’être à la fois seul et complet.
Il ne créa pas par la Force. Il différencia par le Souvenir.
De Son Souffle naquit la Polarité — Expansion et Contraction, ces deux principes jumeaux subtils incarnés par Shu et Tefnut. Espace et cohésion. Sécheresse et fluidité. Séparation et intimité. Leur danse rendit possible l’existence des dimensions.
De Leur union naquirent la Terre et le Ciel — Geb, allongé en contrebas, et Nout, cambrée au-dessus, Son corps parsemé d’étoiles qui n’étaient pas encore apparues aux yeux des hommes. Entre eux, la tension — cet intervalle sacré dans lequel la Vie pouvait se déployer.
Zep Tepi n’était pas un mythe issu d’une imagination primitive. C’était un codage symbolique de l’Émergence : la conscience se différenciant en une structure relationnelle. Les Dieux n’étaient pas des personnalités lointaines, mais des Principes — géométriques, harmoniques, archétypaux. La Première Fois se produit sans cesse. Chaque lever de soleil la reproduit. Chaque acte de clarté surgissant de la confusion est un petit Benben s’élevant des eaux intérieures.
Mais remarquez quelque chose de subtil : les Anciens Kémétiens ne décrivaient pas le Chaos comme un mal. Noun était nécessaire. L’abîme était fertile. Sans potentiel indifférencié, aucune forme ne pouvait surgir. La Création n’était pas une conquête sur les Ténèbres — c’était la cohérence au sein même de celles-ci.
Ainsi, lorsque nous parlons de Zep Tepi, nous ne faisons pas uniquement référence à une époque lointaine, antérieure aux dynasties. Nous parlons du moment où l’ordre se cristallise au sein de votre propre conscience. Le monticule s’élève lorsque la perception se stabilise. Atoum apparaît lorsque l’identité se dégage d’un sentiment informe. Shou et Tefnouth se séparent lorsque vous créez de l’espace au sein de l’émotion. Geb et Nout s’alignent lorsque la structure et l’imagination trouvent leur juste équilibre. »
Texte de Phillip A Krautter
Peinture de Margareth R. Thompson (www.margaret-thompson.com)
☥ Christelle Gacon - Honorer le Féminin Sacré ☥
Prêtresse de la Divine Isis – Guérisseuse
www.honorerlefemininsacre.com